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Soleil battant

Clara et Laura Laperrousaz / 2017

>> Geneviève Sellier  

Publié le samedi 16 décembre 2017




Dans les paysages austères du Portugal, un couple et ses deux petites jumelles passe des vacances dans la maison familiale paternelle, isolée dans une mer d’oliviers.

Les réalisatrices (deux sœurs quasi jumelles qui ressemblent aux deux petites jumelles de leur film) semblent avoir été tellement fascinées par la beauté des paysages et de la lumière que le film est une suite de cartes postales qui ont du mal à former une histoire.

Ce film est un bon exemple des effets pervers de l’esthétisme : chaque plan est tellement léché qu’on n’arrive pas à entrer dans l’histoire, d’autant plus que l’histoire se réduit à la peur obsessionnelle de ce qu’il peut arriver aux enfants. Il ne se passe quasiment rien pendant la majeure partie du film, sinon la contemplation de ces deux petites filles, si semblables qu’on a du mal à les distinguer, d’autant plus qu’elles sont systématiquement habillées pareil… Les plans des petites filles en train de jouer sont entrecoupés de gros plans de la mère inquiète, incarnée par Ana Girardot, avec un visage de madone tragique.

Le point de vue du film est majoritairement celui de la mère, dont on comprend peu à peu qu’elle est traumatisée par la mort d’une petite fille dans le passé du récit, et sa pensée semble uniquement focalisée sur la possibilité que la mort puisse à nouveau frapper ses filles.

Face à elle, son mari, une figure de médecin, responsable, breadwinner et brutal à l’occasion, qui lui refuse de parler du passé, et doit prendre en charge la famille au fur et à mesure que la mère plonge dans la dépression.

La mère est une figure étrangement passive. On apprend qu’elle a cessé de travailler pour s’occuper de ses jumelles, et on ne la voit jamais en train de s’activer comme le fait toute mère de famille : elle se contente de regarder ses filles avec angoisse, jusqu’à ce que la catastrophe attendue arrive : les deux fillettes disparaissent… On se sent quelque peu manipulé…

À travers ce personnage féminin tragique, le film paraît entièrement focalisé sur la peur de perdre ses enfants, comme si la maternité n’était qu’une suite d’angoisses et ne pouvait avoir qu’une issue tragique… Heureusement que le père a les pieds sur terre et parvient à arracher ses filles et sa femme à cette dérive mortifère… Tout ça pour ça !

Les réalisatrices disent s’être inspirées d’une histoire familiale personnelle, mais on peut regretter que la maternité apparaisse sous un jour aussi mortifère, et aussi loin de toute réalité sociale.

grr générique


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