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Garance, le dernier film de Jeanne Herry (Elle l’adore 2009, Pupille 2018, Je verrai toujours vos visages 2023), repose quasi entièrement sur les épaules d’Adèle Exarchopoulos qui est très convaincante en comédienne alcoolique. Il s’agit d’un film à visée quasi didactique sur les ravages de l’alcoolisme chez une personne qu’on n’associe pas spontanément à cette addiction : une femme trentenaire évoluant dans le milieu du spectacle vivant. Le film la suit pendant un an et toute la première moitié du film est commentée en off par deux voix, celle de la protagoniste et celle d’une autre femme qu’on identifiera plus tard : Pauline (Sara Giraudeau) la femme scénographe dont Garance va tomber amoureuse.
Au début du récit elle est en couple avec un homme, véritable caricature de musicien parasite qui gratte sa guitare avec ses copains pendant que Garance se démène pour assurer l’intendance. Elle finit par le quitter après avoir avorté, accompagnée par sa sœur, parce que son mec trouve ça « trop triste »… Au début du récit, elle fait partie d’une troupe de théâtre mais elle est cantonnée aux spectacles pour enfants, qu’elle assure de plus en plus difficilement au fur et à mesure que sa dose quotidienne de vin blanc augmente. Bientôt un repas collectif de la troupe se transforme en tribunal pour l’exclure et l’obliger à se soigner, ce qu’elle refuse énergiquement. Elle renoue avec le doublage mais là aussi, l’alcool finit par la rendre inapte à cette activité qui demande beaucoup de précision. Entretemps, elle a remplacé la vie de troupe par la fête quotidienne en boite avec une sympathique bande de LGBT… ce qui concourt à banaliser son alcoolisme. Elle est « initiée » par une fille de la bande à une forme de sexualité nettement plus satisfaisante, et elle rencontre bientôt Pauline, scénographe solitaire, avec qui elle a un coup de foudre réciproque.
Sara Giraudeau joue de manière un peu trop irénique les bonnes copines en acceptant sans jugement la consommation d’alcool de Garance. Elles s’installent ensemble, mais le covid les sépare : Pauline retourne dans sa campagne, pendant que Garance se retrouve dans la maison familiale avec sa mère, sa sœur et sa nièce (on peut trouver que l’histoire de la sœur enceinte et leucémique est un peu pathétique). Garance n’est quasiment entourée que de femmes qui essaient de l’aider gentiment, et son alcoolisme ne prend jamais de forme violente. La vision que donne le film des effets de l’alcoolisme sur la personne malade et sur l’entourage est un peu trop soft. Et le récit de sa guérison confine au feel good movie : après avoir tenté de diminuer sa dose, sans succès, elle accepte de se sevrer quand son médecin lui montre que 70% de son foie est atteint. Mais elle refuse de quitter son environnement amical et son appartement parisien, ce qui rend très invraisemblable la réussite de sa cure de désintoxication.
On comprend que Jeanne Herry veut éviter de « désespérer » son public, mais la connaissance que chacun·e d’entre nous a de personnes alcooliques dans son entourage colle assez mal avec ce film rassurant… C’est dommage !
















