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Belmondo, Macho et sympathique


par Laurent Delmas & Ginette Vincendeau / dimanche 19 novembre 2023

Séducteur et séduisant

Bonnes feuilles : le chapitre d’entretien de Laurent Delmas avec Ginette Vincendeau sur Belmondo.
(Gallimard/ France Inter, 2023)

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Entretien de Laurent Delmas avec Ginette Vincendeau sur Jean-Paul Belmondo. Extrait du livre de Laurent Delmas, Jean-Paul Belmondo, entretiens inédits, Gallimard/ France Inter, 2023. Cet entretien fait partie de la section ‘Le macho séduisant’, qui contient également un entretien avec l’actrice Jacqueline Bisset assez éclairant sur le comportement de Belmondo durant le tournage du film Le Magnifique.

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Critique de cinéma, professeure en études cinématographiques, spécialiste du genre et des stars à l’écran, Ginette Vincendeau porte sur la double carrière de Belmondo un regard acéré qui n’exclut, ni une certaine forme de bienveillance amusée, ni une admiration assumée. Avec, en fil conducteur, la figure d’un macho séducteur et séduisant.

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LD - Vous souvenez-vous, en tant que spectatrice, de la première fois que vous avez vu Jean-Paul Belmondo à l’écran ?

GV - Non, j’avoue. Quand j’ai commencé à m’intéresser au septième art, je méprisais un peu le genre populaire. Des acteurs comme Belmondo ou Jean Gabin ne faisaient pas un cinéma qui me touchait à cette période. J’étais plutôt attirée par les films d’auteurs.

Évidemment, j’ai fini par me pencher sur les longs métrages qu’avait faits Belmondo, notamment À bout de souffle, et par reprendre sa filmographie. Quand on écrit sur les acteurs, et en particulier les stars françaises – qui est un sujet qui me passionne –, Belmondo est incontournable, au même titre que Gabin et d’autres comédiens de l’époque classique. Belmondo, je le vois aussi, avec son rival Alain Delon, comme l’un des deux versants d’une certaine conception du masculin, de l’homme, dans le cinéma français, mais aussi plus largement dans la culture française, à partir des années 1960.
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Peut-on parler de « belmondisme », en soulignant ses aspects virils ?

On peut, oui. Belmondo, c’est la virilité, certainement. Mais une virilité qui va évoluer à l’écran. Son personnage n’est pas le même selon que l’on regarde la première partie de sa carrière – plutôt des films d’auteurs de la Nouvelle Vague – ou la seconde, un cinéma plus populaire, dans lequel il se lance dès les années 1960 et qu’il va poursuivre jusqu’à ses derniers longs métrages. Ce sont des visions différentes du masculin. Bien sûr, cela dépend aussi du regard du réalisateur avec lequel il tourne.
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Déjà, dans À bout de souffle, la masculinité est présente dans le personnage joué par Belmondo. Dès le début du film, il plaque une petite amie de façon assez désinvolte.

Tout à fait. Il plaque une petite amie à Marseille, puis s’en va voler de l’argent à une jeune fille à Paris, pour aller retrouver sa petite amie du moment, Patricia, une Américaine qui est interprétée par Jean Seberg. Immédiatement dans le film, le personnage masculin s’affirme. Pour moi, Belmondo est vraiment l’une des raisons de la réussite d’À bout de souffle. Bien sûr, il y a Jean-Luc Godard aussi. C’est un film génial, mais s’il a eu tant de succès, c’est grâce au personnage de Belmondo, qui apporte quelque chose de très viril, très macho, et à la fois extrêmement séduisant. Cela passe par le visage, le corps. Selon moi, Belmondo incarne la Nouvelle Vague. Son personnage dans À bout de souffle est devenu une sorte d’emblème, que l’on retrouve souvent en couverture des livres sur la Nouvelle Vague. En même temps, la caméra l’adore, selon la formule consacrée. Il y a chez lui un côté très physique, mais aussi très décontracté. On pourrait regarder À bout de souffle en suivant uniquement les mouvements de Jean-Paul Belmondo : la manière dont il se promène, saute dans les voitures, dans les lits des femmes. Par exemple, dans la scène où il vole de l’argent à son amie, il se déplace dans un espace extrêmement restreint avec une souplesse, un côté athlétique, mais très nonchalant, décontracté, qui fait passer le personnage. C’est un macho, un menteur, un séducteur à la petite semaine, c’est même un tueur, et en même temps, il est complètement irrésistible, y compris pour des féministes comme moi. Cette manière très élégante qu’il a de se mouvoir, et également cette nonchalance, son côté « cool », comme on dirait aujourd’hui, en feraient oublier son côté très discutable. Godard met également en valeur son visage, ce qui est intéressant, parce que Belmondo n’est pas l’acteur type de la Nouvelle Vague. Si l’on pense à Jean-Pierre Léaud, Jean-Louis Trintignant ou Gérard Blain, ce sont des acteurs à la masculinité plus douce. Jean-Claude Brialy a un style plus dandy. Belmondo ne s’inscrit pas du tout dans cette catégorie d’acteurs. Il n’est pas « beau » (au sens classique du terme), contrairement à son grand rival, Alain Delon, qui est vraiment magnifique. Il a un côté non pas laid, il est très séduisant, mais un peu brut, le nez cassé par la boxe, les lèvres assez épaisses – mais sensuelles. Belmondo, très bien filmé par Godard, est tout le temps en train de fumer. Au début des années 1960, fumer était une marque de séduction. À bout de souffle joue sur ses lèvres et se sert de la cigarette comme un lien avec Humphrey Bogart, qui est le héros de Belmondo dans le film. Il y a une scène célèbre où l’acteur s’arrête devant l’affiche de Plus dure sera la chute, sur laquelle on voit Bogart qui fume, et la caméra le montre ensuite en train de tirer sur sa cigarette tout en regardant Bogart. Un peu de fumée très poétique s’échappe. C’est presque une scène de séduction entre ces deux hommes, à travers la cigarette. Ce côté un peu plus doux, un peu plus séducteur, se traduit aussi par son visage, alors qu’il est assez fruste, en quelque sorte. Belmondo doit beaucoup à Godard qui a su le sublimer de cette manière.
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Les féministes de l’époque ont-elles réagi à cette figure masculine nouvelle ?

Ce serait un peu anachronique de chercher de multiples lectures féministes en 1960. Mais il serait intéressant d’aller voir si certaines réticences féminines se sont exprimées. En tout cas, le film a eu la popularité que l’on connaît. Il reste le plus grand succès de Godard, et a sans conteste créé la star Belmondo.
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Il y a un article incroyable de Madeleine Chapsal contemporain du film, paru dans L’Express [2 juin 1960], où elle écrit que Belmondo incarne un nouveau visage de la jeunesse française.


Elle a raison. C’est aussi le fait de la Nouvelle Vague, de Godard. On a conscience d’un renouveau dans le cinéma français. Un acteur comme Belmondo, de même que Jeanne Moreau, a su oublier un peu sa formation théâtrale. Il a fait le Conservatoire, a été formé au théâtre où il a joué des rôles comiques, avant, d’ailleurs, d’y revenir beaucoup plus tard. Dans le film de Godard, il ne s’embarrasse pas de ce qu’il a pu apprendre dans sa formation théâtrale. Par la suite, cependant, je crois que celle-ci lui a permis de s’échapper de la Nouvelle Vague, contrairement à un acteur comme Léaud qui s’y est trouvé cantonné. Belmondo a pu s’adapter à d’autres rôles. Toutefois, dans À bout de souffle, il a compris qu’il fallait exprimer quelque chose de différent. Son jeu est très éloigné de celui qu’il avait adopté dans Sois belle et tais-toi ou dans les autres petits rôles auxquels il s’était frotté auparavant. Dans les années 1960, il va suivre deux chemins parallèles, entre le cinéma d’auteur et le cinéma populaire, et s’adapter à des rôles très variés.
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Madeleine Chapsal écrit de lui : « Un faux homme aux allures de fille : cheveux bouclés dans le cou, cuisse moulée dans le blue-jean, épaule ronde, nuque mince, et cette bouche entrouverte, impudique, donnée… Autour des dancings, des cafés, inquiétants mais inoffensifs, beaucoup ont déjà pris cette figure. Il leur manquait leur prophète : le voilà. » Cela correspond vraiment à ce qui s’est passé. À bout de souffle a été quelque chose de très fort, même si l’on a du mal à le mesurer aujourd’hui.

Oui, bien sûr. L’impact du film a été immense. Dans ce phénomène, il est difficile de séparer l’apport de Belmondo de celui de Godard. L’acteur est au centre, c’est la naissance d’une star. Un peu comme Et Dieu… créa la femme pour Brigitte Bardot. C’est le film qui l’a révélé et, du jour au lendemain, il s’est retrouvé à tourner énormément. D’ailleurs, en 1963, il a écrit un livre, Trente ans et vingt-cinq films. C’est quand même phénoménal !
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Il a joué dans six ou sept films par an. Restons dans l’époque, avec quelqu’un qui n’appartient pas à la Nouvelle Vague, mais qui s’en réclame comme une figure tutélaire, Jean-Pierre Melville. Il a tourné trois films très différents avec Belmondo : Léon Morin, prêtre, Le Doulos et L’Aîné des Ferchaux. Dans Le Doulos, Belmondo incarne un personnage qui s’avérera de plus en plus sympathique, mais, quand même, il a une scène qui va très loin, dans laquelle il attache une femme au radiateur.

En effet, ça va très loin. Le premier long métrage que Melville et Belmondo ont fait ensemble, Léon Morin, prêtre, est un film magnifique, qui met en scène Belmondo dans un rôle de prêtre catholique. Cela représentait quand même un défi de la part de Melville, parce que la persona de Belmondo, son image, était absolument aux antipodes de ce personnage. Or, justement, c’était ce côté très sexy, très dynamique, très énergique de Belmondo que Melville voulait voir revêtu de la soutane d’un prêtre. C’était ce contraste qui l’intéressait, qui ferait le moteur du film. En tout cas, le personnage de Belmondo y fait preuve d’une certaine dureté envers la femme qui tombe amoureuse de lui. Son statut de prêtre catholique l’autorise, certes, à refuser cette femme – après tout, il a fait vœu de chasteté –, mais il y a quand même une grande cruauté chez lui. Selon moi, Melville se sert de ce statut de prêtre pour justifier un comportement masculin assez sadique. Lorsqu’on passe au Doulos, qui est un polar très noir, énigmatique, qui joue sur l’ambivalence, le personnage de Belmondo évolue dans un monde « homosocial », c’est-à-dire un monde d’hommes, chez les gangsters. Les rapports les plus intéressants sont ceux entre les hommes, tandis que les femmes sont marginalisées et brutalisées. Elles ont des rôles de faire-valoir. Il y a effectivement cette scène atroce où Belmondo attache une femme à un radiateur, la bâillonne, l’arrose de whisky. Si cela est justifié par le genre du film, par le fait que cette femme se révèle être une traîtresse – dans les polars masculins, la femme est toujours celle qui trahit –, Melville tire parti de ces « règles » du genre. C’est du polar, certes, mais la scène est quand même très troublante. Enfin, quand on arrive à L’Aîné des Ferchaux, tiré d’un roman de Georges Simenon, il y a quelque chose qui affleure, de l’ordre des rapports homosexuels. Naturellement, aucune homosexualité n’est explicite dans le film, mais la relation que Belmondo entretient avec l’autre personnage masculin interprété par Charles Vanel est très ambiguë. Il y a bien une femme, interprétée par Michèle Mercier, mais elle sert, elle aussi, de faire-valoir. Ces films dépeignent un monde patriarcal extrêmement dur, où la violence des hommes contre les femmes se trouve « justifiée », ce qui est difficile à accepter de nos jours, après #MeToo. Il me semble toutefois que Melville est un auteur suffisamment subtil pour montrer le trouble et l’ambivalence qui existent dans ce personnage masculin interprété par Belmondo. Le film est très clair sur le fait que sa séduction comprend cette part de sadisme, de brutalité, de violence, de misogynie. Ces trois longs métrages sont, de manière implicite, un peu critiques du personnage. On sent rapidement que Léon Morin fait preuve d’une dureté inutile dans la façon dont il rejette la femme qui est tombée amoureuse de lui. Je ne dirais pas que Melville fait une analyse féministe, mais ce qu’il donne à voir est subtil et ambigu. Le côté brutal de la virilité qu’incarne Belmondo se trouve exposé, le réalisateur rendant cette violence visible et inacceptable. Il me semble que c’est un cas à part dans la filmographie de Belmondo. Léon Morin, prêtre est un grand film sur l’impossibilité du désir entre une femme et un prêtre catholique.
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Léon Morin est un prêtre tombeur de dames, quand même.

Oui, toutes les femmes de la petite ville se précipitent chez lui.
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Même comme prêtre, Belmondo ne peut-il pas faire autre chose que de séduire toutes les femmes ?

Prendre Belmondo pour jouer ce rôle, c’est justement une manière de mettre en scène cette frustration des femmes qui tombent amoureuses de lui, et qu’il incarne. Presque toujours au cinéma, d’ailleurs, les films avec des prêtres catholiques dont les femmes s’éprennent mettent en scène des hommes très séduisants. Belmondo ne fait pas exception.
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Cette figure de macho séducteur est pourtant contradictoire, c’est un Janus permanent.

À l’époque dont nous parlons, c’est-à-dire au début des années 1960, cela n’était pas perçu comme une contradiction. Le personnage macho, brutal, voire sadique, qui est en même temps séduisant, se retrouve dans beaucoup de films. Certains rôles de Gérard Philipe – dans Monsieur Ripois de René Clément ou Les Grandes Manœuvres de René Clair, par exemple – sont basés sur une séduction qui vient du physique, du jeu de l’acteur, de son attitude, mais en même temps, ce sont des personnages qui oppriment, voire brutalisent les femmes.

Bien sûr, c’est une contradiction regrettable, nous le voyons aujourd’hui. À cette période, cela ne choquait pas. La société était encore très patriarcale, les femmes n’avaient que peu de droits, étaient soumises à leur époux. C’était un monde dans lequel un tel personnage pouvait régner, être acceptable. En revoyant ces films, on est obligés d’avoir un double regard. Avec notre œil contemporain, nous percevons le problème, le fait que ces films esthétisent la brutalité des hommes et la rendent séduisante, lorsqu’elle est incarnée par un jeune acteur comme Belmondo.
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Dans Un singe en hiver, d’Henri Verneuil [adaptation du livre d’Antoine Blondin], l’accent est également mis sur la relation entre deux hommes, même si elle s’apparente plutôt à une relation père-fils. Du côté des femmes, en gros, il y a une emmerdeuse, qui est la femme de Gabin [jouée par Suzanne Flon], c’est tout. C’est un monde rêvé sans femmes.

Oui, c’est un monde sans femmes. Ce sera souvent le cas dans les films de Belmondo. Des mondes d’hommes, sans, toutefois, la subtilité de Melville… Un singe en hiver – j’ai beau être également une grande fan de Jean Gabin – me semble un film abominable. Je sais qu’il a eu un très grand succès, c’est un film presque culte en France, mais cela me paraît assez étonnant. Déjà, parce qu’il est très triste, délibérément triste, on est sur la côte normande, en hiver. Il pleut tout le temps, ce n’est pas glamour. Ensuite, c’est l’histoire de deux hommes qui s’enivrent dans un monde où les femmes sont des empêcheuses de tourner en rond, pour le dire poliment. Ça, c’est un fantasme, comme le montre Mona Chollet, dans son livre sur les liaisons amoureuses sous le patriarcat [Réinventer l’amour. Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles, La Découverte, Zones, 2021]. Il y a une certaine culture macho, masculine, pour qui le monde des femmes est à éviter à tout prix. On peut très bien appliquer cette analyse de Mona Chollet à ce film, Un singe en hiver.
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Est-ce en cela qu’il vous semble abominable ?

Ce n’est peut-être pas le mot que j’aurais dû utiliser. Disons plutôt que je le trouve déplaisant. Ce rêve d’un monde sans femmes est très déprimant, triste. Je trouve assez surprenant que ce film soit considéré comme un film drôle. C’est un humour qui m’échappe assez, je dois dire, mais il est intéressant, parce qu’il illustre très bien cet aspect d’une certaine culture si macho que, bien qu’hétérosexuelle, ou peut-être justement parce qu’elle est hétérosexuelle, rejette le monde féminin.
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Est-ce un film d’hommes pour les hommes ?

Oui, mais j’ai connu des femmes, y compris dans ma famille, qui aimaient beaucoup ce film. Je me suis souvent demandé pourquoi il me déplaisait tellement. Je pense que c’est pour cette espèce de fantasme d’un monde sans femmes, qui n’est pas particulièrement joyeux.
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À l’inverse, dans Calmos, Bertrand Blier invente un monde sans femmes qui semble être joyeux. Enfin, l’est-il vraiment, c’est une autre question !

Oui, c’est une question et ma réponse serait aussi « non » (personnellement je trouve Calmos sordide et certainement pas joyeux). Comme le monde du Doulos, celui du Cercle rouge de Melville qui sont par ailleurs de très beaux films, contrairement à Calmos… Ce sont des films où les femmes n’existent pas.
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En revanche, il y a un film où la femme est bien présente, c’est La Sirène du Mississipi, d’autant plus qu’elle a en face d’elle un « petit garçon » qu’elle va essayer de tuer. C’est un long métrage à part dans la carrière de Belmondo. Par la suite, l’acteur veillera à ne plus jouer ce genre de rôles.

C’est vrai. C’est un film très intéressant, que j’ai eu l’occasion de revoir récemment. Il a été un échec pour François Truffaut, pour Catherine Deneuve et pour Belmondo, alors qu’un tel couple était un excellent départ. Belmondo s’est exprimé là-dessus. Il était très mal à l’aise, il a détesté tourner dans ce film. Cela se voit, je pense, à l’écran. C’est un film très misogyne. Pour Truffaut, cela devait être un hommage à Catherine Deneuve, pourtant il l’a transformée en tueuse sans pitié… Au-delà du ressenti de Belmondo sur le film, voir un homme comme lui – qui représentait le triomphe masculin, la virilité – réduit à un type minable, obsédé par une femme qui ne pense qu’à le tuer, était inacceptable chez les spectateurs de l’époque. Ce n’est pas étonnant du tout que le film n’ait pas marché, ni pour elle ni pour lui. Il parle de l’obsession du désir. Truffaut, qui avait l’habitude, dans ses longs métrages, d’utiliser Léaud comme alter ego, ou d’autres acteurs tels Charles Denner ou Jean-Louis Trintignant, s’est sans doute trompé d’interprète. Il a toute une panoplie de personnages masculins qui incarnent une masculinité plus douce.
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Voire Gérard Depardieu. Il est viril, certes, mais chez Truffaut, il est en retrait.

Truffaut joue sur le côté plus « féminin » de Depardieu. Mais il lui donne par ailleurs cette identité virile de jeune résistant, dans Le Dernier Métro. Depardieu est un acteur qui peut mieux incarner la fragilité que Belmondo.
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Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné avec lui ?

Quand La Sirène du Mississipi est sorti, à la fin des années 1960, Belmondo avait déjà commencé sa carrière dans le cinéma populaire, ses films d’action dans lesquels la virilité passe par le physique, les prouesses athlétiques, les cascades, etc. Son corps était érotisé, mais demeurait très viril. Bizarrement, Depardieu était davantage capable, malgré un physique plus imposant, d’exprimer une sorte de fragilité. Belmondo était déjà trop investi dans son personnage de macho sympathique. Truffaut en a pris le contrepied et en a fait un homme faible, victime d’une femme. Cela contredisait tout simplement trop l’image de l’acteur, celle qu’il allait continuer à se construire avec Borsalino, par exemple. Dans À bout de souffle, son corps est montré, extrêmement musclé, dans la scène de l’hôtel, notamment, mais de façon plus subtile. Au moment où il a tourné La Sirène du Mississipi, il était déjà devenu « Bébel », et Bébel ne peut pas être victime d’une femme ni en position de faiblesse vis-à-vis d’une femme, d’où l’échec du film.
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Borsalino, c’est Belmondo face à Delon, un macho face à un autre macho… mais deux machos différents ?

Oui. Quand j’ai publié mon livre sur les stars en France, j’ai intitulé le chapitre sur les deux acteurs : « Il y en a un qui sourit, l’autre pas. » Delon va, lui aussi, tourner trois films avec Melville, mais un peu plus tard que Belmondo. Ce seront Le Samouraï, Le Cercle rouge et Un flic. Plus on avance dans la carrière de Delon, plus il a un jeu minimaliste, hiératique. Au même moment, Belmondo fait le contraire, il s’extériorise. Borsalino montre bien ce contraste entre les deux. Delon bouge très peu, il est calme, renfermé, c’est la masculinité intériorisée. Belmondo, c’est la masculinité extériorisée : par le mouvement, les cascades, etc., c’est Bébel !
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Là aussi, il s’agit d’un monde dans lequel les femmes sont tenues à la lisière…

Oui, la pauvre Catherine Rouvel leur fait la cuisine, mais à part ça… Ce sont les hommes qui sont mis en avant, et ce sont leurs rapports qui intéressent les metteurs en scène.
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L’amitié virile.

Oui, absolument.
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Et l’homosexualité toujours un peu sous-jacente ?

On peut le lire de cette manière. Mais je préfère parler d’homosocialité : un monde où les institutions encouragent les rapports entre hommes. Que ce soit l’armée ou le monde du travail, il s’agit d’univers où les femmes sont alors très peu présentes. Les films mettent en scène ce monde masculin où les relations, y compris d’affection, se nouent entre hommes.

On peut parfois y voir un inconscient homosexuel, mais il est plus juste de parler d’homosocialité. Ce sont vraiment des rapports sociaux entre hommes, qui comprennent l’amitié, les sorties, etc. Les Anglo-Saxons utilisent le terme de buddy movies, les films de copains. C’est sur ce modèle que sont faits Borsalino et Le Cercle rouge. Les personnages ayant une intériorité, une autonomie, sont des hommes. Les femmes sont un objet d’échange entre eux, comme dans les polars, ou bien elles servent de faire-valoir. Dans L’Homme de Rio, François Dorléac a beau avoir un rôle un peu plus important, elle reste un faire-valoir. La seule actrice qui peut résister, c’est Bardot. Dans les années 1960, elle est encore au centre des films, ce sont ses personnages à elle qui sont importants.
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On n’a jamais vu Bardot et Belmondo ensemble à l’écran, ce n’est pas un hasard…

C’est compliqué. Quand Belmondo était dans la Nouvelle Vague, ce n’était pas le cas de Bardot. Elle fait deux films qui sont des commentaires sur sa célébrité (Vie privée de Louis Malle et Le Mépris de Godard). Dans le cinéma populaire, leurs genres ne se rencontrent pas. En France, il y a des films d’action, mais surtout des comédies. Belmondo sait combiner les deux, la plupart de ses rôles sont dans des films d’action comiques, où les femmes n’ont guère de place. Entre les années 1960 et 1980, en France, les grands succès au box-office étaient toujours des films d’hommes. Et les films français qui ont fait le plus d’entrées de tous les temps – La Grande Vadrouille, Bienvenue chez les Ch’tis, Intouchables – sont des buddy movies avec deux hommes. De cette manière, cela s’inscrit dans la logique du cinéma français.
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Pour en revenir à l’opposition Belmondo-Delon, un macho sympa comme Belmondo n’est-il pas plus embêtant, pour une féministe, qu’un macho sphinx comme Delon ?

Si, car le côté sympa fait accepter beaucoup de choses. Le Magnifique est un excellent exemple de film d’action à la Bébel. Deux scènes en particulier me semblent emblématiques. L’une se passe dans un pays, disons, exotique, au bord d’une piscine de laquelle sort Belmondo, splendide en maillot de bain : il s’ébroue et marche devant une série de chaises longues depuis lesquelles des femmes le regardent, enamourées. Il fait un peu le coq, se promène, puis va s’asseoir à côté de Jacqueline Bisset. Elle lui dit : « Vous plaisez aux femmes. » Il répond : « Je ne sais pas. » Elle rétorque : « Menteur ! » Cela résume le fait que l’ironie fait passer beaucoup de choses. Cette scène est charmante, amusante. En revanche, bien plus tard dans le film est représentée une espèce de fantasme de viol collectif sur le personnage de Jacqueline Bisset. Là, franchement, c’est irregardable. Cette agression est censée être amusante – on voit bien que c’est l’intention du film. À mon avis, Jacqueline Bisset ne tournerait pas cela de nos jours. Il est intéressant qu’un film populaire, qui s’adressait à un large public, montre une scène aussi choquante, en la pensant amusante parce que présentée de façon parodique, ironique, etc. Rien n’est explicite, mais à la fin, Jacqueline Bisset a subi un viol collectif. On a vraiment du mal à rire aujourd’hui de ce genre de scène qui, heureusement, est inhabituel dans le cinéma français. Bien sûr, on doit noter aussi que toute une série de films de Belmondo portent des titres comme Le Marginal, Le Professionnel, Le Magnifique, Le Solitaire, L’As des as, etc., qui sont évidemment tous bâtis autour de son personnage.

Ce sont des longs métrages dans lesquels il affiche toujours son fameux sourire hilare, un gros cigare planté entre les dents, où il tabasse des truands et des policiers – c’est selon – et séduit toutes les femmes sur son passage. Le schéma est répété d’un film à l’autre et, visiblement, cela plaisait au public de l’époque. Malheureusement, on ne sait pas exactement quelle proportion d’hommes et de femmes fréquentaient les salles de cinéma. À mon avis, c’était un public assez mélangé, qui avait, en quelque sorte, intégré cette vision macho du personnage.
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La martingale du belmondisme, est-ce de faire passer la pilule du machisme avec une sorte d’entrain, d’allant, de joyeuseté ?

Oui, sans oublier les dialogues de ces films, souvent de Michel Audiard, très drôles, avec des jeux de mots, de l’argot. Dans Le Professionnel, Belmondo casse la figure d’un policier qui, après avoir traversé une porte, atterrit dans un énorme plat de couscous. Belmondo s’exclame : « Et un couscous poulet, un ! » Difficile à expliquer à des étrangers, mais cela fait sourire un public français. Belmondo, ce n’est pas seulement l’action. C’est aussi un grand acteur comique.
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Ce second degré permanent, qui est le principe même du Magnifique, rend-il ce macho plus inoffensif que d’autres ?

Non, au contraire, mais ça le rend plus sympathique au public. Ça fait passer la pilule, en quelque sorte. Si l’on essaie de comprendre pourquoi il avait tant de succès à ce moment-là, je vois deux raisons : d’abord, assez classiquement, il s’agit d’un retour de bâton. À la fin des années 1960, on est dans une société qui évolue, le féminisme commence à s’affirmer, le statut des femmes s’améliore notoirement. Devant la loi, tout au moins, elles deviennent les égales des hommes. On peut donc très bien interpréter cette recrudescence d’un cinéma très machiste comme une réaction contre le féminisme, peut-être inconsciente, de la part des réalisateurs ou des spectateurs. C’est l’une des explications du succès de ce Belmondo-là. L’autre raison, c’est qu’il est un héros très français.Cette association à l’identité nationale est importante. Il est de notoriété publique que Belmondo a refusé d’aller aux États-Unis, et il a bien fait. Il avait déclaré : « Je n’aurai pas les rôles de Steve McQueen. » Il avait compris qu’il n’obtiendrait jamais aux États-Unis la célébrité et la carrière qu’il avait en France, contrairement à Delon qui est allé faire des films médiocres là-bas. Belmondo est un acteur vraiment associé à la France, qui projette l’image d’un héros indestructible, un peu comme un personnage de bande dessinée.

Il y a peut-être un ou deux films dans lesquels il meurt à la fin, mais, dans l’ensemble, il s’en sort toujours, il se tire de toutes ses mésaventures. J’avais trouvé un très beau texte d’un auteur russe [Andrei Makine, Au temps du fleuve amour, Paris : Gallimard/Folio, 1994] qui parlait de la popularité de Belmondo en Russie, en disant qu’il y était vu comme un héros mythique et invincible. Cela avait un côté très gratifiant pour le public. Dans le contexte des années 1960-1970, la Nouvelle Vague avait installé les films d’auteurs dans le paysage cinématographique français. Désormais, il y avait des longs métrages plus « intellectuels », moins accessibles, qui allaient laisser une partie du public de côté. La Nouvelle Vague divisait les spectateurs en deux catégories. Peut-être que, pour un certain public populaire, les films de Belmondo étaient une façon de renouer avec un cinéma français qui les amusait, leur plaisait. Ils permettaient également aux productions françaises de lutter contre les films américains. À partir des années 1980, la proportion des films français au box-office était passée derrière celle des films américains. Il y avait le sentiment d’un cinéma national en perte de vitesse, et Belmondo semblait être celui qui pouvait le sauver – en effet, au box-office français, il y avait toujours l’un de ses films. Ce sont deux explications parallèles qui permettent de comprendre qu’un héros misogyne et brutal soit si populaire. Évidemment, on peut le déplorer, en soulignant le côté franchouillard, conservateur, réactionnaire. Ce n’est pas faux ! Mais il n’empêche que le charisme de l’acteur existe. Belmondo, c’est quelqu’un qui occupe l’écran, qui bouge tout le temps, qui a une souplesse, une présence exceptionnelle. Tout cela n’est pas étranger à son succès.
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Belmondo permet ainsi de faire passer la pensée du scénariste-dialoguiste très misogyne qu’était Michel Audiard. Ce dernier avait trouvé, avec l’acteur, son porte-voix idéal.

Absolument. Michel Audiard, c’est un autre sujet. Il y a des actrices, comme Annie Girardot, qui ont dit ses textes de manière géniale, alors qu’ils sont très misogynes. On était dans une époque où cette misogynie régnait, en quelque sorte. Michel Audiard est à inclure aussi dans cette idée d’un retour de bâton : plus les femmes ont accédé à une certaine forme d’égalité, plus ses dialogues violemment misogynes ont trouvé un public. S’agissant des années 1970, on peut spéculer sur l’attrait des dialogues d’Audiard sur un public masculin qui pouvait se sentir menacé. Ses personnages font tout ce qu’on ne pouvait pas – ou plus – faire, et ils le font avec panache.
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Une autre illustration, c’est Joyeuses Pâques, où Belmondo trompe sa femme en présentant sa maîtresse comme sa propre fille, ce qui va très loin.

Oui, cela est difficile à accepter. Joyeuses Pâques est un film qui m’a beaucoup intéressée, parce qu’il montre que Belmondo est arrivé à la place de Gabin. Ce scénario de rapports incestueux ou semi-incestueux entre un père et une fille est très présent dans le cinéma français à partir des années 1930, époque à laquelle de nombreux films sont basés sur des pièces de vaudeville. L’un d’entre eux – avec le génial Jules Berry – s’intitule même Arlette et ses papas. Cela dit tout ! Dans les années 1950, Gabin, arrivé à l’âge de la maturité, va interpréter toute une série de rôles qui jouent totalement sur les relations incestueuses. Évidemment, elles ne le sont pas véritablement. Soit Gabin a une fille avec laquelle il entretient des rapports presque amoureux, comme dans Rue des prairies, soit il est avec des jeunes femmes qui pourraient être ses filles. Avec Joyeuses Pâques, Belmondo est sur ce terrain. Il me semble que la plupart des acteurs masculins français avec de longues carrières en arrivent là.
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Yves Montand aussi, chez Jacques Demy [dans Trois places pour le 26]. C’est d’ailleurs là où ça va le plus loin.

Ça va très loin, en effet. On pourrait citer Depardieu aussi. Dans la littérature française, Les Misérables est peut-être l’une des origines de ce phénomène. Hugo met en scène, disons, ce risque d’inceste, ce fantasme entre une figure paternelle et celle d’une fille. Il y a aussi des contes de fées comme Peau d’âne. Dans une telle relation, ce qui disparaît toujours, ce sont la mère et le fils. Les mères sont mortes ou, comme Marie Laforêt dans Joyeuses Pâques, ont un rôle de faire-valoir. Quant aux fils, en général, ils ne sont pas là. En tout cas, c’est une très grande tradition du cinéma français. Dans Joyeuses Pâques, le fait que ce soit Sophie Marceau qui incarne la fille, c’est quand même quelque chose…
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Elle est la fille « rêvée » des Français, depuis La Boum.

Tout à fait. Ensuite, Belmondo et Delon vont tourner 1 chance sur 2, avec Vanessa Paradis, où l’on a une espèce de double relation père-fille. C’est tout de même très révélateur de l’imaginaire dans la littérature et le cinéma français. Ce serait peut-être plus difficile à faire de nos jours, encore que. Je me souviens d’un film de Depardieu dans lequel il parle avec une vieille dame sur un banc [La Tête en friche]. À un moment, il rentre chez lui où il retrouve une jeune fille que je pensais être sa petite-fille. Raté, c’était sa petite amie… En France, ce fantasme d’inceste est présent de manière beaucoup plus explicite que dans d’autres cultures. En faisant des recherches sur ce type d’histoires, je me suis rendu compte que Peau d’âne était très peu connu à l’étranger. La France est une société patriarcale où le rapport idéal se situe entre un père et une fille, ce qui lui est propre. La fille est jeune, infantilisée, et la femme d’un certain âge, qui pourrait être gênante, est éliminée. On retrouve cette formule dans beaucoup de polars, les vieux détectives ont toujours une fille. Cela est assez surprenant. Belmondo, pour en revenir à lui, s’inscrit totalement dans cette logique avec Joyeuses Pâques, puis avec 1 chance sur 2.
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Est-ce le macho parfait ?

Disons une des versions possibles. On l’a dit, Delon en incarne une autre, de même que Lino Ventura, par exemple, bien qu’il n’ait pas atteint leur niveau de célébrité. Cela tient aussi au fait que les acteurs ont des carrières beaucoup plus longues que celles des actrices. On continue à leur donner des rôles de séducteurs, avec des femmes de plus en plus jeunes. Ce type de récit ne va pas forcément toujours vers le soupçon d’inceste, mais très souvent.
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Belmondo a-t-il des héritiers, de ce point de vue ? Ou bien ce moule macho est-il cassé ?

Il a quelques héritiers. On peut penser au remake de L’Aîné des Ferchaux, dans lequel Samy Naceri joue le rôle du jeune homme, même si celui-ci n’a évidemment pas fait la carrière de Belmondo. Depuis #MeToo, il y a quand même eu un changement, y compris dans les structures et le financement du cinéma français. Dans les séries sur Netflix par exemple, le cahier des charges a évolué. On demande des stars plus diverses sur le plan ethnique, des récits qui ne soient pas misogynes, etc.

Bien sûr, on continuera à en voir, mais sur ce plan-là, il serait difficile d’imaginer un héritier à Belmondo. La structure même des carrières a changé – en dehors de celle de Depardieu, mais qui est assez âgé. Elles sont désormais beaucoup plus diffuses. Belmondo correspond à une époque du cinéma français où les acteurs vedettes régnaient encore. De nos jours, ils subissent la concurrence des séries, des célébrités qui viennent d’ailleurs – du sport, de la chanson, etc. Nous sommes dans une économie du film qui est très différente. Belmondo, avec Delon, était le dernier représentant de ces stars masculines du cinéma français populaire. Quelqu’un comme Depardieu a joué un peu ce rôle, mais il s’oriente maintenant davantage vers des films d’auteurs.
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En guise de conclusion, puis-je demander à l’universitaire cinéphile et féministe que vous êtes trois mots pour définir Jean-Paul Belmondo ?
Je pensais que vous alliez plutôt me demander mon film préféré de Belmondo !
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Je vous écoute !

Ce serait Léon Morin, prêtre. J’aime beaucoup À bout de souffle aussi. En trois mots, je dirais : charismatique, macho et sympathique. Macho mais sympathique. Ou sympathique mais macho.

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Polémiquons.

  • Merci pour cet entretien perspicace, informé et nuancé. Je m’y retrouve tellement pour Un singe en hiver ! Ce film m’a toujours repoussée, depuis ma jeunesse, sans que je sache pourquoi, alors que c’est un film culte. Je n’ai jamais réussi à aller au-delà de quelques scènes. Avec la maturité, j’ai compris que c’était pour les raisons énoncées par Ginette Vincendeau. Voir Suzanne Flon cantonnée à un rôle aussi caricatural ... non ! et me passionner pour la déprime de deux mecs avinés, encore non !
    J’ai découvert la Sirène du Mississippi sur le petit écran, jeune et sans rien connaître du film et de sa carrière et j’ai adoré. L’image de Belmondo ne m’a pas gênée, au contraire. C’était encore plus touchant de le voir succomber à cette femme alors qu’il paraît si solide et énergique. C’est plutôt Deneuve qui me paraît peu crédible, malgré son talent, dans la peau d’une délinquante. Elle est tellement élégante dans sa façon d’être, que l’on a du mal à croire à son passé de cas social. Il m’a fallu plusieurs visions pour comprendre le personnage ...
    Quant aux films de Belmondo devenu Bébel dans les années 80, ils ne m’attiraient guère : trop macho, justement, et trop répétitifs. Pareil pour Delon.
    Si le cinéma d’aujourd’hui veut des spectatrices, il y a un effort à faire pour donner des vrais rôles, à des actrices de tous âges et ne pas flatter uniquement le regard et l’ego masculin.
    J’ai revu La chèvre à la TV, censé être un classique de la comédie. Le seul rôle féminin parlant est celui d’une prostituée qui s’empresse de trahir le héros (vérifiez si vous ne me croyez pas). Les femmes du film ont des rôles très secondaires et sont soit dans des rôles de séduction uniquement, soit une catastrophe ambulante. J’en conclus que Francis Veber, considéré comme un grand scénariste de comédie, ne sait pas écrire des rôles de femmes ... C’est juste la moitié de l’humanité ... Il faudrait tourner des remake de films en inversant les rôles : tous les rôles d’hommes joués par des femmes et inversement, pour que l’on se rende compte du malaise. Je suis étonnée que cela n’ait pas encore été fait. Même une bande-annonce, pourquoi pas ?
    Plus récemment, à propos du couple incestueux : la différence d’âge entre JP Bacri dans Le sens de la fête et la jeune femme avec laquelle il est censé avoir une liaison. Elle a l’âge d’être sa fille. Je n’ai pas pu y croire ni m’y intéresser. Je n’ai pas compris à quoi cela servait.

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