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Volontaire

Hélène Fillières / 2018

>> Geneviève Sellier  

Publié le dimanche 10 juin 2018




Ce film est un florilège des stéréotypes les plus éculés de la culture patriarcale.

Une jeune femme (Diane Rouxel, beauté diaphane de 25 ans) qui ne sait pas ce qu’elle veut faire dans la vie – bien qu’elle ait déjà deux masters en poche, anglais et russe – s’engage dans les fusiliers marins où elle va découvrir de plus en plus fascinée le plaisir qu’il y a à se plier à la discipline (certes, on n’est pas obligé de ressasser les slogans libertaires de 68, mais quand même…).

D’abord affectée à la communication auprès du directeur des études (Lambert Wilson, 60 printemps), elle tombe sous le charme de cet officier supérieur aussi laconique qu’implacable sur le respect des règles. Nous avons droit à un nombre impressionnant de plans où les deux protagonistes, chacun.e de son côté, regardent méditativement par la fenêtre de leur bureau, pour nous faire comprendre qu’il/elle sont en train de tomber amoureux. À tel point qu’on se demande en quoi consiste le travail de cet officier supérieur (ça finit, involontairement sans doute, par conforter les plus antimilitaristes des spectateurs/trices, dans l’idée que l’armée est une bande de parasites…).

Pour faire bon poids, la « miss », comme la surnomme avec bonhommie ses supérieurs et ses camarades (pas de harcèlement sexuel dans cette armée modèle, bien entendu), s’est mise en tête de faire l’apprentissage des commandos. On a donc droit à un épisode digne de GI Jane (enfin, avec les modestes moyens du bord) où notre jeune recrue se soumet à tous les entraînements les plus pénibles pour (se) montrer qu’elle en a…

Et voilà qu’on nous ressert, pour la 10 000e fois, l’attirance d’un monsieur d’âge mûr pour une jouvencelle, et réciproquement… Mais comme l’officier supérieur est un homme d’honneur, il préfère disparaître plutôt que de se laisser aller à ses penchants incestueux, au grand dam de la demoiselle… qui en a les larmes aux yeux (qu’elle a fort beaux, ma foi). C’est bien la peine que les femmes aient accès à la réalisation !

Comme dirait Gabin dans Pépé le Moko : « ça m’fait mal ! ».

Si on veut aller voir un film qui propose un regard critique sur la question des rapports homme-femme dans l’armée, et sur l’armée elle-même, il vaut mieux aller voir ou revoir le film des sœurs Coulin, Voir du pays (2016) https://www.genre-ecran.net/?Voir-du-pays


grr générique



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