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pour une critique féministe des productions audiovisuelles

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« Lynchage » n. m.


Manon Pignot [Libé]

vendredi 13 mars 2020

Manon Pignot, historienne, remet les pendules à l’heure : lynchage, vraiment ? A quoi servent donc les mots ?

Face aux protestations contre le césar remis au cinéaste Roman Polanski, Isabelle Huppert cite William Faulkner et lâche le mot « lynchage ». Une outrance pour discréditer la parole de l’adversaire ?


>> Lire la tribune sur Libé :
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/11/lynchage-n-m_1781332https://www.liberation.fr/debats/20...


Manon Pignot est maîtresse de conférences en histoire contemporaine (université de Picardie-Jules-Verne)

Polémiquons.

  • Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Catherine Deneuve ..etc., des artistes reconnues voire adulées dont les plus anciennes ont participé au féminisme des années 70 ou, pour les plus jeunes, ont bénéficié des avancées en matière d’égalité en/des droits.
    D’évidence il y a une fracture générationnelle. Ou, comme l’écrit Camille Froidevaux-Metterie (philosophe féministe, professeur de science politique et chargée de mission égalité à l’université de Reims dans son dernier ouvrage ("’seins, en quête d’une libération" - anamosa - 2020) : "c’est un classique de l’histoire du féminisme : une grande conquête est généralement suivie d’un reflux du militantisme et d’un affaiblissement des aspirations". Ces actrices se seraient assoupies, consciemment ou par inadvertance.
    De plus les françaises ne brillent par leur solidarité entre elles lorsqu’il s’agit de problématiques relatives à la condition féminine (le "je ne suis pas féministe, mais ..." étant le pendant de la "galanterie à la française"). Se faisant elles oublient que la fraternité de notre devise ne concerne que les "frères" (Réjane Sénac - "les non-frères au pays de l’égalité" - presses science Po - 2017) et que les lois ont été/sont votées par des assemblée composées majoritairement par des "frères".
    Enfin le milieu artistique est un microcosme au même titre que le milieu politique. Derrière la "peoplelitisation" médiatique il y a une réalité qui, sans aucun doute, fait l’objet de bruits de couloir ou de certitudes (voir l’affaire Strauss-Kahn où le monde médiatico-politique savait les tendances sexuelles de ce personnage). Ces femmes artistes n’ont pas entendu parler de .... , ne se sont pas renseignées ......? A moins qu’elles se soient senties en sécurité vu leur âge qui ne correspondait pas au goût sexuel de ce grand réalisateur avec qui elles voulaient absolument travailler, leur intérêt primant sur la solidarité féminine ?
    A moins qu’au même titre que les hommes du même âge, elles ne peuvent admettre la remise en cause de ce qui les constitue en tant qu’artiste.

Polémiquons ?

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