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20th Century Women

Mike Mills / 2016

>> Geneviève Sellier  

Publié le mercredi 22 mars 2017




Ce film autobiographique illustre ce qu’il y a de plus intéressant (en tout cas pour un.e féministe) dans le cinéma indépendant américain. L’auteur fait la chronique de son adolescence à la fin des années 70 en Californie, en focalisant le point de vue du film sur sa mère, merveilleusement incarnée par Annette Benning qui assume son âge (elle est née en 1958) avec un naturel (aucune chirurgie esthétique) et une sérénité qu’on aimerait trouver chez les actrices françaises…

Dorothea, qui est ingénieure, a eu un enfant à 40 ans qu’elle élève seule depuis longtemps et se sent un peu dépassée quand Jamie devient adolescent ; après avoir constaté que les hommes de son entourage (un très sympathique menuisier qui retape sa maison mais qui ne sait parler que menuise) ne lui conviennent pas, elle s’adresse à deux jeunes femmes, Abbie (très émouvante Greta Gerwig), photographe âgée de 22 ans à qui elle loue une chambre, et Julie, à peine plus âgée que son fils, qui squatte régulièrement chez elle pour fuir sa propre mère.

Le film chronique très librement sur le plan narratif (s’entremêlent les temporalités et les voix narratrices des quatre protagonistes) et sur le plan esthétique (des images d’archives des années 70 ponctuent la fiction) ce moment délicat où le jeune garçon essaie d’apprendre à « être un homme », avec un humour aussi décapant que délicat.
Ce qui frappe dans ce film, c’est l’empathie avec les personnages féminins, mais qui ne verse jamais dans le « feel good movie » : les personnages affrontent courageusement leurs désirs, leurs peurs, leurs manques, leurs contradictions, sans que ça vire jamais au drame, parce que c’est le matériau dont est fait la vie de chacun.e d’entre nous…

On retiendra, parmi beaucoup d’autres, les séquences où Abbie prête à Jamie des livres sur l’orgasme féminin que le jeune garçon lit avec beaucoup d’intérêt, mais qu’il aura quelques difficultés à traduire en travaux pratiques… ou le dîner collectif où Abbie fait dire à tous les participants le mot « menstruation » (elle a des règles douloureuses qui l’empêchent de profiter de la soirée) pour que ça leur devienne naturel, malgré les protestations gênées de Dorothea…

Ce film est un petit bijou d’indépendance (le mot n’est pas usurpé pour une fois) et d’empathie féminine… L’auteur a visiblement été bien élevé !


grr générique


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